Appli Stop covid que faut-il savoir?

L’ appli Stop Covid qui aura pour rôle d’aider à limiter la propagation du coronavirus en France sera disponible le 2 juin. Déjà très contestée par de nombreux experts, a quoi faut-il s’attendre réellement ?

Appli Stop covid ce que vous devez savoir

L’appli Stop Covid est une application de suivi des personnes positives au Covid-19 pour avertir celles qui sont entrées en contact avec elles, via leur téléphone portable. Ce dispositif pourrait être très utile à la sortie du confinement le 11 mai prochain, mais pose de nombreuses questions. Dans la suite de notre analyse, nous allons analyser point par point les point suivant : Comment ça marche ? Quelles informations personnelles seront utilisées ? Quelles sont ses limites de l’appli Stop Covid ?

Appli Stope Covid comment ça marchera ?

Le principe de fonctionnement de l’application serait simple : l’application ne serait pas obligatoire. Elle devra être installée volontairement. Lorsque les téléphones de deux personnes qui ont installé l’application vont se croiser pendant une certaine durée, et à une distance rapprochée (ces données doivent être déterminées), le mobile de l’un enregistre les références de l’autre dans son historique via la connexion Bluetooth.

L’ appli Stop Covid ne se basera pas sur nos données GPS, comme peuvent le faire les applications de rencontre comme Victoiria Morgan. Mais fonctionnera de façon similaire, grâce au Bluetooth de nos smartphones. Donc aucune donnée de géolocalisation précise, juste une notion de proximité.

Si une personne s’est déclarée positive au Covid-19 sur l’appli Stop Covid, ceux qui auront été en contact avec elle seront prévenus de manière automatique, sur leur smartphone, via l’application : il sera notifié qu’il a été « en contact qualifié avec quelqu’un qui vient d’être testé positif sans savoir qui, quand, où

Une application similaire fonctionne déja à Singapour. Elle enregistre les rencontres entre deux personnes dans un rayon de deux mètres. Les données sont conservées – de manière chiffrée, pendant 21 jours sur le téléphone. Le ministère de la Santé peut y accéder sur demande pour identifier les personnes ayant été en contact

Tout le monde sera inscrit sur l’application ?

L’application StopCovid fonctionnera sur la base du volontariat. Elle n’est pas obligatoire et pourra être désinstallée si l’utilisateur le souhaite. Pour autant, elle ne sera efficace que si un grand nombre de personnes y est connecté. Dans l’idéal, au minimum 60% de la population, selon une étude de l’université britannique d’Oxford.

Pourquoi l’ appli Stop Covid divise autant ?

Très vite ce système s’est attiré les critiques d’une partie de la communauté scientifique, d’associations et des grandes marques comme Apple et Google

l’Anonymat

L’idée d’un traçage numérique, mais aussi de ses potentielles dérives, trotte depuis longtemps dans l’esprit, nos informations personnelles se retrouvent clairement plus exposées même si appli Stop Covid ne se base pas sur le GPS. Plusieurs centaines de scientifiques européens craignent que les libertés individuelles soient inutilement sacrifiées sur l’autel de l’urgence sanitaire.

Selon les Experts, Un serveur centralisant des données aussi sensibles « doit être particulièrement bien protégé contre d’éventuelles attaques informatiques et il faut pouvoir se prémunir contre la tentation d’exploiter ces informations à d’autres fins que celles prévues par la loi

Apple et Google

Google et Apple de laisser une telle application tourner sans discontinuer en tâche de fond sur leurs smartphones. Les « app stores » de ces géants de l’Internet interdisent à une application tierce de collecter ainsi sans interruption des données personnelles. Apple s’y oppose aussi pour une raison pratique : l’obligation d’avoir toujours le Bluetooth allumé va considérablement réduire l’autonomie du téléphone.

La précision limitée des systèmes de localisation dans les zones denses qui risque rapidement d’indiquer à de nombreuses personnes qu’elles ont été en contact avec une personne contaminée ». « Google reconnait que les mécanismes de récolte de données d’Android ou de Google Maps ne sont « pas construits pour fournir des enregistrements robustes et de haute qualité à des fins médicales et ne peuvent être adaptées à cette fin. »

De l’autre coté, les téléphones vendus par  Apple, ce système sans fil ne peut être activé toute la journée : le bluetooth ne peut être actif que lorsqu’une application est affichée à l’écran, et que le téléphone n’est pas en veille. Un obstacle majeur qui contrarie la France comme d’autres pays

Tout savoir sur l'appli Stop Covid

Bras de fer entre protocole centralisé et décentralisé

Pour justifier l’inertie, le secrétaire d’Etat souligne que la France rencontre les mêmes soucis techniques que ses partenaires européens et qu’elle n’est pas plus lente qu’eux. Le problème provient essentiellement du fait que la France a opté pour un système centralisé (protocole ROBERT) des données des utilisateurs, soutenu par l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’information (ANSSI) et l’Inria. Pour ces derniers, ce procédé renforce la confidentialité des données.

Contrairement au protocole décentralisé (DP3T) qui est utilisé en Allemagne, par exemple, les identifiants des personnes et l’état de leur sérologie ne circulent pas sur l’ensemble des mobiles ayant l’application. En outre, selon le secrétaire d’Etat, ce protocole DP3T engendrerait une perte de « maîtrise en termes de santé publique » puisqu’il faut demander les données à Apple et Google.

En revanche, le gros avantage de ce protocole décentralisé, c’est qu’il est accepté à la fois par les deux principaux OS mobiles justement édités par Apple et Google. Et c’est encore ce dernier point qui pourrait bien avoir raison de StopCovid. Les iPhone restent incompatibles avec le protocole centralisé et cette zone d’ombre reste problématique. Cédric O l’avoue dans sa tribune en expliquant que si les discussions sont toujours en cours, des solutions existent. Elles impliquent en revanche des contraintes importantes et font perdre beaucoup de temps. Surtout, encore selon Cédric O, ce blocage démontre « le caractère oligopolistique du marché des OS ».

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